Il est rare que je partage des textes lus dans d’autres blogs, mais celui-ci j’ai adoré :
http://desordonnee.blogspirit.com/archive/2010/09/03/temp-984c12e79af76e78dacba5cc366daa4c.html
J’ai répondu à toutes tes négations. Elles sonnaient comme des questions. Elles ne parlaient que de toi, tu peux bien t’en défendre. J’ai le ventre noué. Je ne sais pas si c’est le noeud du regret à venir, celui de l’imminence du pire: c’est peut-être juste celui du désir …je n’ai jamais su dénouer. Est ce que c’est ça, vieillir? Savoir déjà la fatalité du coeur pelé, la sécheresse des claques, la transformation de l’orage en brume. On a déjà tant essayé. On a raclé les illusions jusqu’à la moëlle, et toujours, découvert l’infection. Aujourd’hui, c’est pas tant que je me protège, c’est juste que j’ai des certitudes plantées. Je veux dire que les attentes pointues, les promesses que j’ai pas tenues,- et je ne parle que des miennes-, les rêves que j’ai enterrés , ça m’a un peu crucifiée. Je te jure , ça n’enlève rien à l’élan, la cicatrice des plaies; je goûte les illusions, et je distingue toutes leurs saveurs. Je suis même bien plus courageuse, et même un peu plus frappée quand je t’aime, mais je sais tellement où est ma place que je sais pas me déloger. La conscience, c’est un cadeau inespéré, mais tu dois te fader les effets secondaires de la lucidité, son petit arrière goût de cynisme. J’ai tellement été exposée que je tiens vraiment bien la route, la douleur, la colère. Je ne vacille plus jamais. C’est dur de se reconnaître dans quelque chose d’aussi figé. Je cours dans tes bras avec l’enthousiasme des gosses, la foi quasi-stupide d’un nouveau né. J’ai même envie que tu me serres dedans pour l’éternité. Mais je sais que, toujours, on se retrouve desenlacé. Et même , souvent, c’est moi qui déserre l’étreinte.
Je sais que je saurai m’en aller, sans larmes, sans regrets, sans rien arracher. Parce que j’abrite une vieillarde, une aïeule sèche et fatiguée, au sourire vaguement amusé. Je crois à tout, je crois à ta permanence, je crois à ta volonté, je crois même ce que tu n’as pas encore deviné. Je crois en ta beauté, je crois même en la mienne tellement tu sais me regarder. Je crois en tout ce que tu me donnes, et même en ce que tu vas me voler. Je crois en ton immense pouvoir de bien savoir me dévaster. Je crois en Toi, pas de lézard, mais faut pas me demander de pratiquer.








